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Sauvegarder les données de l’entreprise : où, comment, et pouvoir restaurer ailleurs

Les règles des autorités, les solutions comparées et la question qu’on oublie : pouvoir restaurer chez un autre opérateur le jour où tout va mal.

Mis à jour le 17 octobre 2026 · Les chiffres sont sourcés en bas de page ; les appréciations sont celles d’IT CyberWall.

Pourquoi c’est vital

Une panne de disque, une erreur de manipulation, un vol d’ordinateur, un incendie ou un rançongiciel : sans sauvegarde exploitable, l’activité s’arrête. Et les attaquants le savent. Dans l’étude Veeam 2023 (1 200 organisations, près de 3 000 cyberattaques), 93 % des attaques visaient aussi les sauvegardes ; dans 75 % des cas, une partie des dépôts de sauvegarde a été perdue, et dans 39 % des cas la totalité [1].

Les services en ligne ne vous en dispensent pas. Microsoft écrit lui-même dans son contrat de services : « We recommend that you regularly backup Your Content and Data » (nous vous recommandons de sauvegarder régulièrement vos contenus et données) [2]. Et le OneDrive d’un utilisateur supprimé n’est conservé que 93 jours dans la corbeille du site avant effacement [3].

Les règles des autorités

Les autorités françaises convergent sur quelques règles simples :

  • Plusieurs copies, dont une loin. La CNIL recommande de conserver au moins une sauvegarde sur un site géographiquement éloigné du site d’exploitation [4]. C’est l’esprit de la règle dite « 3-2-1 » : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors site.
  • Une copie hors d’atteinte. La CNIL demande d’isoler au moins une sauvegarde du réseau pour qu’un rançongiciel ne puisse pas l’atteindre [4]. L’ANSSI juge une sauvegarde hors ligne plus robuste qu’une sauvegarde immuable (WORM) en ligne, et admet un compromis : des sauvegardes immuables fréquentes complétées par des sauvegardes hors ligne moins fréquentes [5].
  • Des comptes d’administration séparés. L’ANSSI recommande d’administrer la sauvegarde avec des comptes nominatifs, locaux ou issus d’un annuaire distinct de celui de la production [5]. Un pirate qui prend vos comptes habituels ne doit pas pouvoir effacer vos sauvegardes.
  • Le chiffrement. Protéger les sauvegardes au même niveau que les données d’origine et chiffrer leur transfert [4] ; l’ANSSI ajoute qu’il faut définir qui détient les clés et où elles sont stockées [5].
  • Les tests de restauration. Vérifier régulièrement qu’on sait restaurer [4], avec une procédure écrite et pratiquée [5]. Une sauvegarde jamais testée est une promesse, pas une garantie.

Où sauvegarder : le comparatif

Appréciation d’IT CyberWall des principales solutions.

SolutionIncendie, volRançongicielRestauration rapideRestaurer chez un autre opérateurEffort pour vous
Disque USB branché en permanenceNon protégéNon protégéOui, sur placeOui, fichiersRotation manuelle, souvent oubliée
NAS dans vos locauxNon protégéFaible s’il est sur le réseauOuiOui, fichiersMoyen
Stockage en ligne générique (type S3)ProtégéBon si immuable et comptes séparésSelon le débit, sortie souvent facturéeOui, mais à configurerÉlevé : il faut tout régler soi-même
Instantanés natifs d’un cloud publicProtégéMoyen : même compte que la productionOui, dans le même cloudDifficile : restent chez le fournisseurFaible
Sauvegarde externalisée gérée (par exemple WeDoBack)Protégé, plusieurs paysBon : chiffrée, immuable, journaliséeOui, avec reprise d’activité possibleOui, restauration vers une nouvelle infrastructureFaible : service suivi

Comment bien sauvegarder

Sauvegarder des fichiers ou des serveurs entiers ?

Sauvegarder des fichiers permet de récupérer un document effacé. Sauvegarder un serveur entier (son image complète : système, logiciels, réglages, données) permet de le relancer tel quel après un sinistre, sans tout réinstaller. Avec des serveurs virtualisés, cette sauvegarde complète est naturelle.

Deux chiffres à fixer avec votre prestataire

  • Combien de données pouvez-vous perdre ? Si la dernière sauvegarde date d’hier soir, une panne à 16 h fait perdre la journée. C’est ce qui décide de la fréquence (toutes les heures, chaque nuit…).
  • Combien de temps pouvez-vous être arrêté ? Restaurer des téraoctets prend du temps. Si quelques heures d’arrêt sont déjà trop, il faut un plan de reprise d’activité (PRA) : des serveurs de secours prêts à démarrer ailleurs.

Qui détient la clé ?

Avec un chiffrement de bout en bout, les données sont chiffrées avant de quitter vos serveurs : ni l’hébergeur de la sauvegarde ni un tiers ne peuvent les lire.

Combien de temps garder ?

La durée de conservation dépend de vos obligations (comptabilité, contrats, données personnelles) et du délai dans lequel une attaque peut passer inaperçue : une sauvegarde de la veille peut déjà être infectée.

Restaurer ailleurs : la réversibilité

C’est la question qu’on oublie : pouvez-vous restaurer vos sauvegardes ailleurs que chez votre prestataire actuel ? Le jour où votre hébergeur est en panne, en litige ou en faillite, c’est la seule qui compte.

  • Préférez des formats ouverts. Il existe une norme internationale pour transporter des machines virtuelles, l’OVF (Open Virtualization Format), publiée par le DMTF et normalisée sous la référence ISO/IEC 17203:2017 [6].
  • Méfiez-vous des instantanés natifs du cloud public. Les instantanés de disques AWS, facturés 0,05 $ par Go et par mois [7], restent chez AWS : les rapatrier signifie payer le trafic sortant, 0,09 $ par Go au-delà de 100 Go par mois [8].
  • Gardez la main sur l’hyperviseur. Une sauvegarde de machine virtuelle se restaure sur un autre serveur, chez un autre hébergeur ou dans un autre pays, à condition que l’hyperviseur cible puisse l’importer.
  • Testez la restauration ailleurs, au moins une fois : c’est le seul moyen de savoir.

Notre conseil

IT CyberWall utilise et recommande WeDoBack pour la sauvegarde, la migration et le maintien de l’activité de ses clients.

  • Chiffrement de bout en bout, avant que les données ne quittent vos serveurs.
  • Plusieurs copies dans plusieurs pays : les données sont répliquées sur plusieurs serveurs européens, avec la possibilité de les garder dans la zone qu’impose votre droit.
  • Stockage immuable jusqu’à 10 ans : chaque action, y compris une suppression par un administrateur, est journalisée sans effacer l’historique.
  • Reprise d’activité : des serveurs de secours répliqués sur des sites de reprise, dont le démarrage est vérifié automatiquement.
  • Microsoft 365 et Google Workspace : messagerie, SharePoint, OneDrive et Google Drive sauvegardés.
  • Visibilité : un échec de sauvegarde est visible dans la console, et la durée de conservation est réglable.

De notre côté, nous mettons en place la sauvegarde, vérifions qu’elle tourne grâce à la supervision et organisons avec vous les tests de restauration.

Votre liste de contrôle

  • Au moins une copie hors de vos locaux, dans un autre pays si possible.
  • Une copie immuable ou hors ligne.
  • Des comptes d’administration distincts de ceux du quotidien.
  • Un chiffrement dont vous maîtrisez la clé.
  • Une fréquence et une durée d’arrêt acceptées par écrit.
  • Un test de restauration, y compris vers un autre opérateur.

Faisons le point sur vos sauvegardes

Dites-nous ce que vous sauvegardez aujourd’hui et comment. Nous vous proposons une sauvegarde vérifiée et restaurable.

Sources

Sources consultées le 17 octobre 2026. Les tarifs des fournisseurs sont indiqués hors taxes, dans la devise et la région de la grille publiée, et peuvent évoluer : vérifiez toujours la page officielle avant de décider.

  1. Veeam – 2023 Ransomware Trends Report, communiqué du 23 mai 2023 — www.securityinfowatch.com/cybersecurity/press-release/53061422/veeam-veeam-research-finds-93-of-cyberattacks-target-backup-storage-to-force-ransom-payment
  2. Microsoft – Contrat de services Microsoft, section 6.b — www.microsoft.com/en-us/servicesagreement
  3. Microsoft Learn – Conservation et suppression dans SharePoint et OneDrive — learn.microsoft.com/en-us/sharepoint/retention-and-deletion
  4. CNIL – Sécurité : Sauvegarder — cnil.fr/fr/node/1433
  5. ANSSI – Sauvegarde des systèmes d’information, les fondamentaux (25 octobre 2023) — messervices.cyber.gouv.fr/documents-guides/anssi_fondamentaux_sauvegarde_systemes_dinformation_v1.1.pdf
  6. StandICT – ISO/IEC 17203:2017, Open Virtualization Format (OVF) — www.standict.eu/standards-repository/standard/information-technology-open-virtualization-format-ovf-specification-0
  7. Tarifs Amazon EBS et instantanés (Cloudburn) — cloudburn.io/blog/amazon-ebs-pricing
  8. Relevé des tarifs AWS de transfert de données, vérifié en juin 2026 — egresscost.com/aws/data-transfer-pricing